Fiscalité des véhicules de fonction : ce qui a changé en 2025
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Posté le 18.12.2025

Le secteur automobile français est engagé depuis plusieurs années dans une transition accélérée vers l’électrification. Inscrite au cœur des ambitions nationales de réduction carbone, elle se traduit par une multiplication des mesures incitatives en faveur d’une mobilité plus durable.
Dans ce contexte, l’État a fait évoluer, début 2025, le cadre fiscal applicable aux véhicules de fonction mis à disposition par les entreprises, ce qui a un impact direct sur les entreprises et leurs collaborateurs.
Véhicule de fonction et véhicule de service : Une distinction essentielle
Avant d’aborder les aspects fiscaux, il convient de distinguer deux notions souvent confondues :
- Le véhicule de service est réservé à l’usage strictement professionnel et ne peut être utilisé à des fins personnelles.
- Le véhicule de fonction, en revanche, peut être utilisé à des fins personnelles en complément de son utilisation professionnelle. Il constitue, à ce titre, un avantage en nature.
Concrètement, l’avantage en nature lié à la mise à disposition d’un véhicule de fonction doit être intégré au bulletin de salaire et vient s’ajouter au salaire brut du collaborateur. Cet avantage vient donc augmenter la base de cotisations salariales ainsi que le revenu imposable du collaborateur.
L’imposition des véhicules de fonction avant 2025
L’employeur est tenu d’évaluer le montant de l’avantage en nature que représente le véhicule de fonction mis à disposition.
Pour cela, deux méthodes sont possibles :
- L’évaluation au réel, c’est-à-dire en fonction du coût réel du véhicule et de ses charges ;
- L’évaluation au forfait, c’est-à-dire en appliquant un forfait encadré par la Loi.
Jusqu’à la fin du mois de janvier 2025 le barème était le suivant :
- Pour les véhicules en location :
- 30% du coût annuel de la location si l’employeur ne prenait pas en charge le carburant ;
- 40% lorsque le carburant était pris en charge.
- Pour un véhicule acheté : entre 6 % et 9 % du prix d’achat du véhicule, selon son ancienneté.
Les évolutions fiscales depuis 2025
Depuis l’arrêté du 25 février 2025 le barème pris en compte dans le cadre de l’évaluation au forfait a été revu à la hausse pour les véhicules thermiques.
Pour tous les véhicules de fonction mis à disposition à compter du 1er février 2025, le barème est le suivant :
| Véhicule acheté de moins de 5 ans | ||
| Véhicule acheté de plus de 5 ans | ||
| Véhicule de location |
Véhicules électriques : Un cadre fiscal toujours plus incitatif
Si la fiscalité des véhicules thermiques se durcit, l’arrêté du 25 février 2025 introduit, à l’inverse, un dispositif renforcé en faveur des véhicules de fonction 100 % électriques.
Avant 2025, les bénéficiaires d’un véhicule électrique profitaient d’un abattement de 50 % sur l’avantage en nature, dans la limite de 2 000 € par an.
Depuis le 1er février 2025, cet abattement est porté à 70 %, dans la limite de 4 582 €, pour les véhicules mis à disposition à compter de cette date et disposant d’un éco-score favorable délivré par l’ADEME.
Ce renforcement du dispositif fiscal confirme la volonté de l’État d’accélérer le verdissement des flottes automobiles d’entreprise.
Exemple concret d’impact pour un collaborateur
Prenons l’exemple d’un collaborateur percevant un salaire de 2 700€ brut par mois, disposant d’un véhicule de fonction acheté 35 000€, de moins de 5 ans, sans prise en charge du carburant.
| Salaire brut | ||||||
| Forfait annuel du véhicule de fonction | ||||||
| Cotisations salariales annuelles* | ||||||
| Impôt sur le revenu annuel* | ||||||
Dans notre exemple :
- Pour un collaborateur étant équipé d'un véhicule de fonction thermique le surcoût lié à ce nouveau cadre fiscal est de 713 € annuel, soit environ 60 € par mois.
- Le collaborateur étant équipé d'un véhicule de fonction électrique gagnera 213 € à l'année.
- Quand le salaire mensuel net après impôt d'un collaborateur avec un véhicule électrique serait de 1 992 €, avec une voiture thermique il serait de 1 870 €, soit un écart de 122 €.
Cette évolution constitue un véritable enjeu pour le collaborateur et les entreprises, qui doivent désormais intégrer le pilotage de leur parc automobile dans leur stratégie RH.
Le verdissement des flottes : un enjeu stratégique pour les entreprises
C’est donc un nouveau dispositif incitatif en faveur du verdissement de la flotte automobile française. Ces mesures viennent s’ajouter à l’obligation introduite par la Loi LOM, qui imposent aux entreprises détentrices d’une flotte de plus de 100 véhicules de renouveler progressivement une part de leur parc automobile avec des véhicules 100% électriques. Retrouvez l’ensemble des obligations pour les entreprises dans notre guide réglementaire.
Dans ce contexte, le verdissement des flottes automobiles d’entreprise ne relève plus uniquement d’un engagement environnemental, il devient un levier, à la fois financier, réglementaire et RH.
Les entreprises ont ainsi tout intérêt à anticiper ces évolutions et à envisager dès aujourd’hui le passage à l’électrique, en s’équipant de solutions de recharge adaptées à la gestion de flotte : bornes de recharge, stations collectives et accessoires dédiés.
La transition vers une mobilité électrique n’a jamais été aussi centrale dans l’atteinte des objectifs de neutralité carbone en France. Les entreprises en seront des acteurs clés.